Actus Le miracle péruvien ?

Le miracle péruvien ?

Le Pérou, pays andin sud-américain, plus connu pour son Machu Picchu que pour son économie, vit dans l’ombre de ses voisins le Brésil et l’Argentine. Ce que l’on ignore est que lorsque ses fameux voisins vont de déconvenues en désillusions, le Pérou, depuis plus d’une décennie, s’impose de plus en plus comme un des nouveaux « Tigres » de l’Amérique du Sud avec le Chili et la Colombie. D’autant plus que ces « tigres » ont eu la bonne idée de se regrouper économiquement en créant l’Alliance du Pacifique (le Mexique étant le 4° tigre).

La presse économique n’a pas tardé à parler de miracle économique concernant le pays Inca. Cette étiquette est-elle aussi surfaite que celle donnée au Brésil dans les années 2000 qui s’est vite transformé en un « Brésil bashing » aussi exagéré que l’enthousiasme que le Brésil avait suscité ?

Si nous nous contentons de nous fier aux chiffres et statistiques, alors oui ! Depuis 1998 le taux de croissance du PIB est positif et un des plus fort de la région. En 2016, il est de +3,9% et on l’estime à 4,2% en 2017. Le déficit public est maitrisé, l’inflation aussi (3%). La pauvreté baisse (20%) et le chômage est à 4,4%.

Le niveau de la balance commerciale est positif, le Pérou s’ouvre au monde via le commerce international en signant des accords de libre-échange avec de nombreux pays (y compris l’UE), en intégrant l’Alliance du Pacifique qui est un vrai « boost » économique pour les pays qui la forment et les investissements étrangers affluent (plusieurs fois nommé comme étant la destination la plus sûre pour les investisseurs).

Et malgré les crises économiques mondiales ou régionales et les catastrophes naturelles (El Niño ou tremblement de terre), le Pérou résiste grâce à des bases économiques solides et des choix politiques judicieux initiés il y a un quart de siècle.

Ajoutons à ce panorama, la fin du terrorisme marxiste (Sentier Lumineux), la stabilité politique et l’amélioration sanitaire et de l’éducation notable.

Le secteur agricole péruvien est l’exemple type de ce miracle ! En quelques années une révolution agricole pérenne s’est mise en place, faisant du Pérou un des plus importants exportateurs d’aliments au monde ! Connaissant les conditions géographiques et climatiques difficiles du pays, la modernisation de son agriculture est souvent montrée en exemple. Les progrès notables du secteur agricole amènent à dire aux analystes que c’est un des leviers principaux à la révolution gastronomique péruvienne qui aujourd’hui surprend de plus en plus le monde!

Alors oui, les grincheux et les sceptiques pourront apporter un contre-exemple ou des réserves à tous les exemples cités ! Ils me parleront des inégalités sociales, des inégalités entre le monde rural et urbain, que ce miracle n’a pas bénéficié à tout le monde, que l’essentiel de la population active est informelle, que cette croissance repose essentiellement sur les secteurs minier et agricole ainsi que la hausse des prix de ces matières premières, que le Pérou n’a pas profité de cette croissance pour industrialiser son économie, que le Pérou n’échappe pas non plus totalement aux crises économiques, qu’il existe toujours un problème de sécurité, que le Pérou est un des paradis des narcotrafiquants, que la corruption y est vivace, que les derniers président de la république sont en prison ou sur le point de l’être, etc…

Tous ces arguments sont vrais et il ne faudrait surtout pas les ignorer et les mettre sous le tapis ! Mais lorsqu’un élève qui a été médiocre durant de longues années, commence à montrer des progrès significatifs, encourageants et qu’il devient un des meilleurs de sa classe, doit-on le décourager ? Doit-on ne pointer que ses failles et minimiser ses bons résultats ? Nous devons l’inciter à faire mieux, lui rappeler qu’il lui reste encore beaucoup de travail, l’aider à travailler sur ses points faibles et surtout l’encourager à continuer sur ce chemin et le mettre en avant auprès de ses camarades de classe.

Préférons donc les termes « progrès » et « réussite » au terme « miracle », beaucoup trop fort voir usurpateur, qui a fait tant de mal à d’autre pays promis à un futur enchanteur et qui ont terminé par déchanter ! Le retour de bâton d’une promesse non tenue est souvent très violent.

Source : AmSur Consulting

Advertisement

Abonné Magazine

Oublié votre mot de passe ?

Rejoignez-nous

Réinitialiser le mot de passe
Veuillez entrer votre email. Vous allez recevoir votre nouveau mot de passe par email.