La microfluidique permet de réaliser des milliers d’expériences biologiques en parallèle, ce qui accroît considérablement l’efficacité de la R&D. Ces nouvelles techniques permettent aussi de réaliser des économies très importantes en réduisant drastiquement la consommation de matériaux biologiques – des produits qui peuvent coûter extrêmement cher, notamment dans le domaine pharmaceutique – car une seule gouttelette de liquide permet de réaliser une expérience : une goutte devient un laboratoire.Au delà de ces enjeux pour l’efficacité de la R&D, la microfluidique, identifiée comme l’un des piliers de l’usine 4.0, pourrait être une nouvelle filière industrielle créatrice d’emplois. En qualité de chef de file du consortium, Fluigent devrait vraisemblablement obtenir la création d’une usine en Ile-de-France, où se trouve son siège social. L’Espagne pourrait être un deuxième lieu de production.« Les champs d’application sont énormes », affirme France Hamber, qui cite les hôpitaux, notamment pour réaliser des diagnostics, l’agroalimentaire mais aussi la chimie. « Les puces de microfluidique pourraient être utilisées pour produire localement et en petite quantité des molécules chimiques comme l’ammoniac, ce qui permettrait de résoudre les problèmes de transport et de sécurité lié à la fabrication de ce type de produits. Dans l’agroalimentaire, on peut encapsuler des saveurs, comme par exemple le beefsteak, à l’intérieur d’une goutte ». Un océan d’innovations à venir, à travers des tuyaux microscopiques.