Actu du jour Shawn G. DuBravac : « une large part de l’innovation dans l’internet des objets vient de France »

Shawn G. DuBravac : « une large part de l’innovation dans l’internet des objets vient de France »

SIDO 2016 06_04_2016La seconde édition du Showroom de l’Internet des Objets (SIDO) s’est tenue la semaine dernière à la Cité internationale de Lyon. L’internet des objets (Iot) attire les foules. Plus de 1000 personnes étaient inscrites pour assister à la conférence plénière sur l’avenir de ce secteur, avec la présence remarquée de l’Américain Shawn G. DuBravac (en photo), directeur de la recherche de la Consumer Technology Association.

 

SIDO 2016 06_04_2016Salle comble le 6 avril dernier pour écouter les “oracles“ de Shawn G. DuBravac, économiste en chef et directeur de la recherche de la Consumer Technology Association, organisateur du Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, événement incontournable des nouvelles technologies qui attire start-ups et ministres du monde entier. Celui-ci n’a pas manqué de souligner le dynamisme des start-up françaises, « chaque année plus nombreuses au CES. Aujourd’hui, une large part de l’innovation dans l’internet des objets vient de France… Petit à petit, on remplace les objets par des objets digitalisés. La digitalisation de nos espaces de vie change notre expérience » explique-t-il prenant l’exemple d’un surfeur dont la planche devenue connectée va lui permettre d’étudier la force de la vague et ainsi de corriger sa position et sa trajectoire, ou celle d’un capteur intégré au body d’un bébé, capable de renvoyer quantité d’informations (température corporelle, rythme cardiaque, phases d’endormissement, de réveil…) sur le smartphone de ses parents. « La question fondamentale à se poser est de savoir si l’internet à du sens dans tel ou tel objet. Nous pouvons envoyer via l’Apple Watch notre rythme cardiaque à nos amis. Mais y a-t-il un intérêt ? Quel est l’impact sur les usages sociétaux ? »

Internet des Objets : quels usages sociétaux ?

Il faut dire que les perspectives du marché de l’internet des objets sont affolantes : 1900 milliards de dollars pour 30 milliards d’objets connectés dans le monde à l’horizon 2020. C’est-à-dire demain. Tous les secteurs d’activité sont impactés par la digitalisation des process, au premier rang desquels l’industrie automobile. Frank Kinderknecht, CEO du Think Tank Rinspeed AG, résume les enjeux : « Avec la digitalisation, les constructeurs doivent faire face à un énorme défi, non pas à 20 ou 30 ans mais dans les 5 prochaines années. Nous passons d’une logique propriétaire à une logique de partage en mode collaboratif. Encore récemment, le consommateur s’intéressait à la puissance du moteur et à l’accélération de la voiture, désormais, il s’intéresse aux différents services qu’il pourra trouver dans l’automobile. C’est l’expérience utilisateur qui change. Le service devient plus important que le hardware. Aujourd’hui, Apple tire 55 % de ses revenus des services, et cette part tend à s’accroître. Dans l’industrie automobile, le service va prendre de plus en plus d’importance car la notion de mobilité est redéfinie tout comme la relation entre le client et la marque ». F. Kinderknecht cite l’exemple du constructeur américain Tesla dont le lancement de son dernier Model 3, une berline électrique dans laquelle le tableau de bord a été remplacé par un écran digital, a connu ces jours-ci, un incroyable succès : 276 000 réservations (payables par acompte) ont été enregistrées en quelques jours seulement alors que les véhicules ne seront livrés que dans 18 mois.

« 47% des emplois aux Etats-Unis sont menacés d’ici 10 ans, 30% en Europe »

Emmanuel Schneider, directeur du programme « Country Digitalization Acceleration » chez Cisco parle de « l’internet of everything », c’est-à-dire, le “tout connecté“. « La partie objet n’est que la partie visible de ce qui est en train de se passer. Nous assistons à un processus d’automatisation dans tous les domaines, ce qui change toute la chaîne de valeur de l’industrie. Même Uber va se faire “ubériser“, des sociétés vont mettre sur le marché des services sans plateformes ». Et de rajouter : « beaucoup d’usines fonctionnent dans le noir car il n’y a plus besoin de personnels ». Le “tout connecté“ menace la nature même du travail, notre contrat social et même nos démocraties. « Nous sommes à l’aube de changements radicaux » résume Alain Staron, Vice-Président Digital Offers chez Veolia Innovation & Markets, « 47% des emplois aux Etats-Unis sont menacés d’ici 10 ans, 30% en Europe » explique-t-il. Des métiers disparaîtront, d’autres seront amenés à se transformer et de nouveaux métiers apparaîtront certainement. « La question de la place de l’humain et notamment des personnes les moins qualifiées sur le marché du travail à l’échelle d’un pays est un vrai sujet » selon Alain Staron. « Aujourd’hui, la technologie est en avance sur les usages et il y a un décalage entre l’offre et la transformation profonde des organisations qui est en train de s’opérer », résume Emmanuel Schneider. Le tout connecté pose également des questions éthiques comme celle de la manipulation des données privées des individus.

A écouter ces experts du sujet, l’Iot nous conduit vers l’inconnu. Il y a beaucoup d’opportunités, beaucoup d’interrogations aussi qui touchent à la place de l’humain et à la confiance que ce dernier pourra avoir en cet environnement du tout connecté. Une confiance qui viendra peut-être de la technologie Blockchain qui permettrait de créer des sortes de “contrats intelligents et sécurisés“ entre les objets et les utilisateurs, empêchant ainsi des hackers de prendre contrôle de votre smart home…

Sylvain Etaix

 

 

 

 

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