Actu du jour Attractivité : la France décroche

Attractivité : la France décroche

attractivieFranceEYAlors qu’un nouvel acteur du CAC 40 (Technip) vient d’annoncer la délocalisation de son siège social à Londres, que des chercheurs français ont cosigné une tribune dans le quotidien Le Monde pour dénoncer le manque d’investissement en France dans la recherche, et que syndicats et gouvernement s’affrontent sur la loi travail, le baromètre d’EY sur l’attractivité de la France, dévoilé mardi 24 mai, confirme ces faits. « La France distancée » résument les auteurs de cette étude conduite en février auprès de 205 entreprises internationales. « La France ne suit pas le dynamisme européen avec un nombre de projets d’investissements étrangers en diminution de 2% (598 en 2015). Si la progression des emplois créés par ces projets (+ 8%) est une bonne nouvelle, elle reste à relativiser par rapport à la dynamique européenne » explique EY. En effet, même si l’Europe est toujours en panne de croissance forte, elle demeure « étonnamment attractive », avec une hausse de 14 % des projets d’investissement étrangers en 2015 (5083 implantations, pour 217 666 nouveaux emplois). Les investisseurs étrangers préfèrent largement le Royaume-Uni (le nombre de projets a bondi de 887 à 1065 projets) et l’Allemagne (+ 9 % de croissance). EY évoque ainsi « le moteur anglo-allemand » en terme d’attractivité des investissements sur le vieux continent. Quant à la France, « elle enregistre la seule et unique baisse parmi le Top 15 européen. Alourdie par son manque de flexibilité et de compétitivité – prix, elle ne tire pas profit d’une image moins clivante et du bol d’air de la “French Tech“ pour attirer les centres de recherche, sièges sociaux et activités numériques qui lui font défaut » commente Marc Lhermitte, associé EY. Côté face de l’Hexagone aux yeux des investisseurs : la fiscalité peu ou pas du tout attractive (pour 72% des sondés) et le haut niveau de charges sociales (73%). Côté pile, la France industrielle reste active, mais prudente. La France a accueilli davantage d’implantations d’usines (212) que le Royaume-Uni (193) et l’Allemagne (142) mais il s’agit surtout (à 81%, contre 68% pour l’Allemagne et 69% pour le Royaume-Uni) d’extension de sites, donc peu créateurs d’emplois. Autre point fort, la France reste attractive pour les activités de recherche et développement. Elle accueille en 2015 deux fois plus de centres R&D (45) qu’en 2014 (27) et se positionne au 5ème rang mondial (derrière le Royaume-Uni, l’Inde, les Etats-Unis et l’Allemagne). Les secteurs d’avenir (numérique, high tech) et les services aux entreprises représentent plus d’un projet sur 5. Dans le top 5 des régions les plus attractives, on retrouve sans surprise l’Ile-de-France (27% du total), Auvergne Rhône-Alpes (14%), Hauts-de-France (11%), Grand-Est (10%) et Languedoc-Roussillon Midi-Pyrennées (8%). Enfin Lyon (47%), Toulouse (21%) et Marseille/Aix-en-Provence (15%) sont les trois métropoles citées par les investisseurs étrangers comme étant les plus attractives et capables de challenger Paris. L’image de la France, et c’est tout le paradoxe, a plutôt tendance à s’améliorer ces dernières années, mais cette perception positive (la fin du French bashing) ne se traduit pas en French buying…

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