Lettre Internationale Inde : La baisse du prix du pétrole profite à la croissance

Inde : La baisse du prix du pétrole profite à la croissance

Ci dessous l’analyse Coface du Risque Pays pour l’Inde

La reprise de l’activité devrait se poursuivre au cours de l’année fiscale 2015/16. L’économie indienne bénéficiera de la baisse du prix du pétrole et des premiers effets des réformes structurelles entreprises par N. Modi. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2014, le premier ministre indien a initié de nombreuses mesures visant à promouvoir le secteur manufacturier indien, attirer les IDE et atténuer les contraintes structurelles qui affectent l’économie indienne telles que la loi sur l’acquisition de terrains et les rigidités du droit du travail. Par ailleurs, le budget relatif à l’année fiscale 2015/16 prévoit la création d’un fond souverain pour le financement d’importants projets d’infrastructures routières, ferroviaires et électriques. Néanmoins, la mise en œuvre de ces projets reste conditionnée à l’avancée de la réforme sur les terrains.

En outre, le gouvernement a également annoncé la mise en place d’une sécurité sociale universelle qui permettra de soutenir la consommation privée, principale moteur de la croissance.

Le secteur des services continuera aussi de porter l’activité, notamment la branche des haute-technologies. Par ailleurs, l’inflation est désormais sous contrôle grâce, notamment, à la baisse du cours des matières premières au premier rang desquelles le pétrole et l’or. Néanmoins, l’inflation restera volatile, celle-ci étant corrélée à l’abondance de la mousson qui affecte directement la qualité des récoltes. La maîtrise de l’inflation a permis à la banque centrale d’abaisser ses taux directeurs en janvier et mars 2015 et de nouvelles baisses sont attendus en cours d’année. L’assouplissement de la politique monétaire est de nature à soutenir à la fois la consommation privée et l’investissement qui bénéficie également de la baisse du cours du pétrole.

Les comptes extérieurs sous contrôle mais les finances publiques restent fragiles

 

En dépit de la volonté d’assainissement des comptes publics, le déficit budgétaire et la dette publique restent importants. Néanmoins, les dépenses en infrastructures prévues par le gouvernement Modi ne devraient pas être financées par un recours à la dette mais par la vente de licences et la privatisation d’entreprises publiques. De plus, la réforme des subventions, notamment pétrolières, permettra de réduire les dépenses et l’adoption d’une TVA au niveau fédéral est prévue au cours de l’année 2015 pour une mise en œuvre en 2016.

S’agissant des comptes extérieurs, le déficit courant devrait rester sous contrôle malgré la levée des restrictions sur les importations d’or. En effet, la baisse des cours de l’or et du pétrole permettra de maîtriser la valeur des importations et les exportations bénéficieront de la reprise dans les économies avancées.

En dépit des anticipations de resserrement de la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine, la roupie devrait rester relativement stable en 2015, le déficit courant étant limité et les réserves de change confortables (près de 7 mois d’importations en 2015). De plus, les IDE et les investissements de portefeuille sont sur une tendance haussière.

Enfin, les banques publiques, qui représentent les ¾ de l’actif bancaire et portent le financement des secteurs non profitables, affichent une détérioration de la qualité de leurs actifs.

En dépit de sa popularité, les réformes promises par le premier ministre Modi seront difficiles à mettre en place

 

Suite aux élections législatives de mai 2014 qui ont vu une large victoire du BJP (Bharatiya Janata Party), Narendra Modi a été désigné premier ministre et son parti détient la majorité absolue à la Lok Sabha (chambre basse du parlement). La tenue d’élections dans plusieurs Etats importants a permis de confirmer la popularité du BJP. Néanmoins, le BJP a connu un premier revers électoral dans un scrutin régional à Dehli en février 2015 et le parti du Congrès continuera de dominer la chambre haute au moins jusqu’à la fin de l’année 2015 ce qui pourrait retarder les réformes structurelles promises lors de la campagne et attendues par les milieux d’affaires qui ont réagi très favorablement à l’élection de N. Modi.

Même si le bilan de N. Modi alors qu’il était Ministre en chef de l’Etat du Gajarat est entaché par les violences de 2002 lors desquelles des milliers de musulmans sont morts, son élection a été accueillie favorablement par les partenaires de l’Inde et notamment les Etats-Unis. Après avoir reçu N. Modi en septembre 2014, Barack Obama s’est rendu en Inde en janvier 2015. Cependant, les relations avec le Pakistan restent tendues. En dépit de la présence du premier ministre pakistanais à l’investiture du premier ministre Modi, l’Inde a suspendu ses pourparlers diplomatiques avec le Pakistan après la rencontre entre le Haut-Commissaire pakistanais à New-Dehli et les chefs séparatistes du Cachemire. De plus, des échanges de tirs meurtriers ont ensuite eu lieu à la frontière entre les deux pays. Néanmoins, une reprise du dialogue a été initiée en mars 2015 grâce à la rencontre, à Islamabad, de hauts-responsables des affaires étrangères.

Enfin, malgré les réformes attendues, l’environnement des affaires continuera de pâtir de lacunes persistantes.

Source : Coface.fr

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