Lettre Internationale Risque Pays : Irlande

Risque Pays : Irlande

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Une croissance nourrie, tirée par exportations et la demande intérieure

La reprise a connu une forte accélération en 2014, tirée principalement par les exportations, qui ont bénéficié du renforcement de la conjoncture aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et l’investissement, qui a été très dynamique dans l’industrie manufacturière mais a également repris dans le secteur de la construction de logements (les prix de l’immobilier résidentiel étaient en hausse de 15% sur un an en septembre 2014). La consommation des ménages, soutenue par la baisse du chômage (ramené de 15,1% en février 2012 à 11,1% en septembre 2014), s’est également redressée. L’activité manufacturière a toutefois légèrement ralenti dans la seconde partie de l’année, en lien avec l’affaiblissement du cycle industriel dans la zone euro. Les facteurs de croissance relevés en 2014 devraient continuer à soutenir l’activité en 2015 avec en toile de fond, un niveau toujours élevé de confiance de la part des milieux d’affaires. Le rythme de progression des importations devrait malgré tout se rapprocher de celui des exportations et se traduire par une baisse de la contribution du commerce extérieur à la croissance. Par ailleurs, la dette des ménages reste élevée, représentant près de deux fois le revenu disponible de ces derniers, ce qui freine encore la hausse des dépenses de consommation. L’inflation, demeurée faible en 2014, en raison du niveau élevé du chômage, de la croissance modeste des salaires nominaux et de la baisse des prix de l’énergie, ne devrait que légèrement progresser en 2015, ce qui devrait permettre de préserver les gains de compétitivité.

Des comptes extérieurs excédentaires, un déficit budgétaire sous contrôle et un secteur bancaire en phase de redressement

L’Irlande a renoué en 2010 avec les excédents courants grâce à la contraction de la demande intérieure, qui a fait reculer les importations – mouvement toutefois interrompu à compter de 2011 – et à un regain de compétitivité-coût, qui a soutenu les exportations. Les ventes à l’étranger restent dominées par les entreprises à capitaux étrangers des secteurs de la haute technologie, des services financiers et de la chimie (produits pharmaceutiques et produits chimiques organiques), ce dernier représentant près de 60% des exportations de biens. Le solde négatif de la balance des revenus, en raison des rapatriements des bénéfices des multinationales, limite toutefois l’ampleur de l’excédent courant.
Le pays a mis un terme, en décembre 2013, au plan de sauvetage international sans être contraint de recourir à une ligne de crédit de précaution. Il a retrouvé la confiance des marchés et bénéficie de rendements obligataires qui se situent, à l’heure actuelle, à leurs plus bas niveaux historiques. La croissance des recettes, la faiblesse des taux d’intérêt et une stabilisation globale des dépenses devraient permettre de réduire une nouvelle fois le déficit public en 2015. La politique budgétaire sera toutefois légèrement expansionniste en raison de baisses d’impôts et d’une hausse plus forte que prévu de certaines dépenses. Cependant, le ratio de la dette publique, qui a littéralement explosé ces dernières années en raison du renflouement du secteur bancaire et de la récession, demeure très élevé.
Le secteur bancaire, gravement affecté par l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, s’est stabilisé grâce à l’aide de l’Etat et aux apports de liquidités de l’Eurosystème. La santé des deux premières banques systémiques, redevenues bénéficiaires en 2014, s’est nettement améliorée et celles-ci ont satisfait aux tests de résistance de la BCE d’octobre 2014. En revanche, la banque Permanent TSB doit poursuivre sa restructuration et le niveau des créances douteuses demeure élevé. Néanmoins, l’assainissement du bilan des banques aidant, le crédit devrait repartir. On constate d’ores et déjà une remontée des nouveaux prêts aux PME et du crédit au logement.

Une amélioration de la situation qui ne profite pas à la coalition au pouvoir

Le gouvernement ne parvient pas à capitaliser sur les bons résultats de l’économie et la sortie du plan d’aide. Les dernières élections locales et européennes ont confirmé la montée du mécontentement de nombreux iIrlandais à l’égard de la politique d’austérité et, en novembre 2014, les autorités ont été contraintes de faire marche arrière concernant l’introduction d’une taxe sur l’eau, du fait d’une forte opposition de la population. Le soutien dont bénéficie la coalition au pouvoir, qui comprend le Fine Gael (centre-droit) et les Travaillistes (centre-gauche), arrivés au pourvoir début 2011 au dépend du Fianna Fail, (centre-conservateur), s’est sensiblement réduit au bénéfice, notamment, du Sinn Fein (bras politique de l’ex-IRA). La coalition est fragilisée et la fragmentation du paysage politique augure mal de la formation d’un gouvernement stable lors des prochaines élections législatives prévues début 2016, si elles ne sont pas avancées d’ici là.

 

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