Lettre Internationale Risque Pays Japon

Risque Pays Japon

Ci dessous l’analyse de Coface

La politique monétaire favorisera la croissance

En avril 2014, afin de réduire le déficit public, le taux de la taxe sur la valeur ajoutée a été augmenté (de 5% à 8%). Le contrecoup a été plus ample que prévu, le pays enregistrant une récession technique en 2014. Ce choc, d’une amplitude similaire à celle du tsunami, a fait craindre aux autorités monétaires un retour des risques déflationnistes. En conséquence, la Banque centrale a réaffirmé en octobre 2014 son intention de faire tout son possible pour que l’inflation se situe autour de 2%. La masse monétaire va ainsi augmenter pour atteindre 80 TR Yens (environ 600 Mds€, 17% du PIB). Le principal taux directeur de la Banque centrale demeurera à 0% en 2015. Par ailleurs, suite aux mauvaises performances économiques, le Premier ministre Shinzo Abe a été conforté dans ses choix de politique économique lors des élections législatives anticipées, organisées en décembre 2014.
Les entreprises ont enregistré des profits record en 2014. La Banque centrale japonaise se montre confiante quant à la volonté des entrepreneurs d’investir en capital fixe en 2015. En effet, les indicateurs de confiance (Tankan) demeurent bien orientés. Les investissements privés et publics porteront donc la croissance. En effets, dans le cadre des abenomics, les dépenses publiques en infrastructures ont augmenté afin de moderniser les équipements et de créer des emplois. Entre 2012 et 2014, le chômage s’est réduit de 1 p% (3,6% à fin septembre 2014).
La consommation sera mieux orientée en 2015. La hausse de la TVA n’impactera plus le comportement d’achat des ménages. Les futures négociations salariales de mars 2015 seront toutefois primordiales, car la progression salariale n’est pas suffisante. En effet, en 2014, les salaires réels se sont contractés (-1,6% sur un an à fin septembre 2014). 
Le Premier ministre devrait tirer la 3e flèche des « Abenomics » qui consiste en des réformes structurelles. Le Japon pourrait baisser le taux d’imposition sur les sociétés (36%) dès le mois d’avril 2015. En Corée du Sud, principal concurrent du modèle japonais, l’impôt est de 24%. Une nouvelle hausse du taux de TVA, initialement prévue en octobre 2015 (de 8% à 10%), a été repoussée à 2017. L’équilibre budgétaire semble dès lors impossible à atteindre, tant la dette publique est élevée (245% du PIB), et pèse sur les dépenses (le service de la dette représente 24% de celles-ci).

Déficit commercial malgré la réouverture de centrales nucléaires en 2015

La dépréciation du yen, depuis le 1er janvier 2013 (25% par rapport au dollar), a redynamisé les exportations. Les rebonds des croissances européennes (8% des exportations) et américaines (19% des débouchés) plaident pour une poursuite de cette tendance haussière. Toutefois, la Chine, (18% des exportations) le principal partenaire commercial du Japon, devrait voir sa croissance ralentir de nouveau et peser sur la progression des exportations japonaises. Par ailleurs, cette dépréciation et ses effets bénéfiques sur les ventes à l’international doivent être relativisés par la faible élasticité-prix des exportations japonaises. En outre, les importations se réduiront en 2015. En effet, malgré la baisse du Yen qui renforce le prix des produits importés, le coût des importations d’énergie diminuera. Tout d’abord, le prix du pétrole a fortement baissé au second semestre 2014, réduisant ainsi le déficit commercial du Japon. Ensuite, certaines des 48 centrales nucléaires japonaises seront remises en services après un examen approfondit de chacune d’entre elles. La première pourrait être la centrale de Satsumasendai. En outre, les transferts de revenus en provenance de l’étranger demeurent soutenus et permettront au solde courant de rester positif.Sous tensions, les banques améliorent leurs résultats

Bien que les entreprises privilégient encore l’autofinancement au crédit bancaire, l’encours de crédit aux sociétés non financières est orienté à la hausse depuis 2013 (+1,5%). Mais, l’activité des banques demeure sous tension, leurs profits étant érodés (ROA de 0,4% en 2013) par des taux d’intérêt faibles. La BoJ a racheté une partie de la dette publique détenue par les banques dans son programme. En effet, la part de la dette détenue par les banques représentait 19% des actifs en mars 2014 contre 22% fin 2012.

 

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