Lettre Internationale Argentine

Argentine

Une quasi stagnation

La croissance devrait être faiblement positive en 2014. La consommation des ménages, son moteur principal, tout comme la dépense publique stagneront. L’étroit contrôle exercé sur les importations, le gel régulier des prix de détail et la difficulté de se procurer des devises et les coupures régulières d’électricité handicaperont l’investissement (20% du PIB) et la production industrielle (30% du PIB). Malgré la modeste croissance attendue au Brésil, principal partenaire commercial avec 20% des exportations, celles-ci progresseront grâce à l’augmentation des récoltes (10% du PIB). Avec le recul des importations, les échanges devraient contribuer positivement à la croissance. Des doutes subsisteront quant à l’exactitude des chiffres officiels de production, et donc de croissance. Par contre, l’adoption d’un nouvel indice des prix par l’organisme statistique officiel devrait réduire l’écart entre le chiffre officiel d’inflation et ceux calculés par des organismes universitaires de recherche pour lesquels elle devrait dépasser 30%.

Politiques budgétaire et monétaire toujours laxistes

Les comptes publics resteront déficitaires. Ils seront marqués par le coût supplémentaire des augmentations de salaires accordées aux forces de sécurité fin 2013 et leur possible extension à d’autres catégories. La réduction des importantes subventions (5% du PIB) sur les prix de l’énergie et des transports est hypothétique. Ce déficit s’accompagne d’une dette publique représentant plus de 45% du PIB. Le déficit et le service de la dette génèrent un besoin de financement estimé à 12% du PIB, financé essentiellement sur le marché domestique, et, pour près de la moitié, par création monétaire, ce qui explique l’inflation galopante. La situation financière difficile des provinces s’ajoute à celle du gouvernement fédéral. Les provinces, qui dépendent du gouvernement central pour une large part de leurs recettes, risquent de ne pouvoir rembourser ce dernier. Malgré des recettes représentant 40% du PIB, l’investissement public reste faible du fait du poids des dépenses courantes et du service de la dette.

Des comptes extérieurs fragiles

L’excédent des échanges de marchandises a fondu sous l’effet du creusement du déficit énergétique lié au manque d’investissement et à l’encouragement à la consommation par les subventions. Les exportations composées à 57% de produits agricoles bruts ou transformés (soja, maïs, blé, tournesol, viande, lait, poisson) et à 5% de métaux précieux sont très dépendantes de la conjoncture mondiale. Celles de véhicules (13%) le sont de la conjoncture brésilienne. Cet excédent ne permet plus de compenser le déficit peu élevé, mais en augmentation, des services, et celui, conséquent, des revenus induits par les rapatriements de bénéfices par les sociétés étrangères et le paiement des intérêts de la dette. Les fuites de capitaux et les retraits des créanciers privés excèdent les investissements directs étrangers dissuadés par le médiocre environnement des affaires. Il résulte de ce déséquilibre un déficit estimé à 2% du PIB, qui ne peut pas être financé par le recours aux marchés financiers internationaux, sauf à payer des intérêts prohibitifs depuis le défaut de paiement de 2001. Afin de limiter la dépréciation résultante du peso, les autorités sont, à la fois, contraintes d’utiliser les réserves de change, passées de 43 à 27 milliards de dollars de janvier 2013 à mars 2014, et de pratiquer un contrôle des changes et des importations introduit en novembre 2011 et renforcé depuis. Ceci s’est accompagné de l’apparition d’un taux de change parallèle présentant un écart de 50-60% avec le cours administré. Afin d’améliorer la confiance et de normaliser l’accès aux financements étrangers, les autorités ont introduit un indice des prix réaliste, renoué avec les créanciers publics du Club de Paris et accepté de dédommager Repsol pour la nationalisation de la compagnie pétrolière YPF.

Évolution politique limitée jusqu’à l’élection de 2015

Les élections législatives d’octobre 2013 ont mis en évidence la faiblesse de la présidente Cristina Kirchner (centre gauche d’inspiration péroniste), tout en lui permettant de conserver la majorité dans les deux chambres, toutefois insuffisante pour faire adopter une modification constitutionnelle qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat en 2015. Face au mécontentement populaire, relayé par des syndicats puissants et lié aux carences des services publics et à l’inflation, dont seuls ceux travaillant dans l’économie déclarée peuvent se protéger grâce à l’indexation des salaires, la capacité d’action du gouvernement sera limitée. Le resserrement de la politique économique est pourtant le passage obligé, à la fois, pour éviter une accélération de la dépréciation du peso qui enclencherait une spirale inflationniste des prix et des salaires, et pour attirer les entreprises étrangères, indispensables au développement des ressources minérales et énergétiques.

Source : Coface

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