Lettre Internationale Risque pays : Estonie

Risque pays : Estonie

La consommation comme principal moteur de la croissance

En 2013, le pays a bénéficié d’une demande interne dynamique mais le contexte économique dans le reste de l’Europe a lesté sa croissance. En 2014, la sortie de récession de la Finlande (16% des exportations), et une demande toujours soutenue de la Suède (15%) et de la Russie (12%) contribueront à améliorer la demande extérieure. Toutefois les moteurs de la croissance estonienne ne changeront pas. La consommation privée bénéficiera de la hausse des salaires qui résulte toutefois d’un manque de main d’œuvre qualifiée. En effet, la population en âge de travailler se réduit plus rapidement que la population totale. Dans le même temps, le taux de chômage a sensiblement baissé pour s’établir sous les 9% tandis que le taux d’activité demeure élevé à 69% de la population. Les faibles taux d’intérêt permettront à l’investissement privé de conserver son dynamisme. La croissance du crédit devrait également profiter de la réduction du poids des prêts non-performants dans le bilan des banques (2,2% des prêts totaux en septembre 2013). Par ailleurs, l’efficacité du gouvernement dans l’absorption des fonds européens (71%) en fait le premier bénéficiaire européen, supportant ainsi l’investissement public. Du côté des secteurs, le pays est résolument tourné vers le numérique, à l’image de son administration (e-carte d’identité, vote électronique). Depuis 2008, Tallin abrite le centre de cyber défense de l’OTAN. Berceau de Skype, l’Estonie bénéficie d’une expertise reconnue dans les services informatiques ainsi que dans la fabrication de composants et d’ordinateurs qui continueront d’être bien orientés en 2014. D’autre part, l’Estonie est exportatrice nette d’électricité grâce à ses réserves de schistes bitumineux. Elle dispose de 17% des réserves européennes et en est le plus grand consommateur mondial (80% de extractions mondiales). Par ailleurs, la bonne santé des économies régionales profitera aux exportations de biens d’équipements, de textiles et de produits chimiques. En effet, le pays assure une fonction de sous-traitance pour les maisons mères finlandaises et suédoises.

Des comptes publics sains et une économie très ouverte

La gestion des comptes publics demeure très prudente. L’Estonie affiche ainsi la dette publique la plus faible de la zone euro à 11% du PIB. En 2014, le déficit budgétaire demeurera limité, permettant au gouvernement d’améliorer les prestations sociales avec notamment une revalorisation des pensions de retraites, des indemnités de chômage, ou encore des allocations familiales. L’éducation bénéficiera également de l’accroissement des dépenses publiques puisque le salaire minimum des enseignants passera de 715 à 800 euros. Ces mesures soutiendront la consommation domestique et augmentent le potentiel de croissance à plus long terme. L’Estonie demeure dépendante de la demande extérieure avec le deuxième taux d’ouverture d’Europe à 92% du PIB en 2012 derrière la Slovaquie (93%). Le redémarrage de l’économie finlandaise participera à la réduction du déficit courant en 2014. Ce dernier sera entièrement couvert par les flux d’investissements directs étrangers (principalement en provenance de l’ouest de l’Europe). En effet, l’environnement demeure favorable aux affaires dont la stabilité est renforcée par l’adoption de l’euro depuis janvier 2011.

La coalition de centre-droit affronte les revendications sociales

Depuis mars 2011, une coalition de centre-droit composée des partis de la réforme estonienne (ERE) et de l’union pour la patrie (IRL) contrôle la chambre unicamérale avec 56 des 101 sièges parlementaires. Les politiques d’austérité ont fragilisé le gouvernement l’incitant à augmenter les dépenses publiques. Mais les élections législatives d’octobre 2013 ont cristallisé les préoccupations sociales des électeurs. Le parti démocrate (SDE) a en effet obtenu 32% des votes contre 31% pour la coalition au pouvoir. Cette débâcle pourrait augmenter les frictions au sein de la majorité alors que les prochaines élections législatives ne sont attendues qu’en mars 2015. Sur le plan international, les relations bilatérales avec Moscou progressent sur le contentieux territorial datant de la première guerre mondiale. Un projet de nouveau traité frontalier a été adopté en mai 2013 par le parlement estonien. Enfin, le climat des affaires demeure parmi les plus performants d’Europe centrale et orientale. L’administration numérique raccourcit sensiblement les délais dans l’obtention des documents administratifs et accroit la transparence dans les affaires.

Source : Coface

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