Lettre Internationale Risque pays : Inde

Risque pays : Inde

Reprise modérée de la croissance

L’année fiscale 2013-2014 a été marquée par un nouveau ralentissement de la croissance sous l’effet du tassement de la demande interne et d’une baisse des exportations. En 2014-2015, le dynamisme des services servira toujours la croissance, notamment dans la haute technologie. De plus, les exportations bénéficieront d’une légère reprise mondiale et de la faiblesse de la roupie. Bien que la devise indienne se soit appréciée de 14% depuis son plus bas en août 2013, la roupie s’est dépréciée de plus de 8% face au dollar depuis mai 2013. Enfin, la consommation, principal moteur de la croissance devrait continuer à croître à un rythme modéré grâce à l’augmentation du revenu disponible des ménages. De plus, le BJP a annoncé des mesures sociales dans la lignée de celles initiées par le Parti du Congrès et notamment un système de santé et des subventions dans le domaine de l’habitat. En 2014-2015, la possible mise en place d’importantes réformes structurelles grâce à l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi (BJP) laisse entrevoir de meilleures perspectives. En effet, son programme était axé sur le développement économique et l’amélioration de la gouvernance.  Afin de favoriser les investissements, il est prévu la mise en place d’un mécanisme simplifié d’approbation notamment dans le domaine de l’énergie et de l’environnement. Par ailleurs, il s’est engagé à créer 10 millions d’emploi par an et prévoit d’importants programmes d’infrastructures (réseau de train à grande vitesse, construction de 100 nouvelles villes et de nouvelles zones industrielles). Par ailleurs, l’inflation a ralenti en 2013 grâce aux cours modérés des produits manufacturés et du pétrole et au durcissement de la politique monétaire à partir de septembre 2013. Elle restera cependant à un niveau élevé en 2014 notamment en raison des mauvaises récoltes agricoles.

Persistance des déficits jumeaux

Le déficit budgétaire reste important au niveau local et fédéral malgré la volonté d’assainissement des comptes publics. En effet, le montant des subventions devrait rester élevé. Cependant, le programme fiscal du nouveau gouvernement prévoit une rigueur fiscale plus importante, une uniformisation au niveau fédéral de la TVA et une baisse des subventions notamment sur les commodités. S’agissant des comptes extérieurs, les politiques mises en œuvre pour enrayer la baisse de la roupie à l’été 2013 (hausse des taux directeurs, taxes sur les importations de métaux…) ont porté leurs fruits et le déficit courant se stabilise autour de 2,5%. Bien que l’importance des importations de pétrole, d’or et de charbon empêche la résorption complète du déficit courant, la balance des services et des transferts limitent son ampleur. Par ailleurs, les banques publiques, qui représentent les ¾ de l’actif bancaire et portent le financement des secteurs non profitables, affichent une détérioration de la qualité de leurs actifs. Enfin, la dépréciation de la roupie pèse sur les entreprises endettées en devise et risque également de peser sur la qualité des actifs bancaires.

Victoire du BJP aux élections législatives d’avril – mai 2014

Les élections législatives de 2014 ont vu la victoire du BJP (Bharatiya Janata Party). Avec 282 sièges sur 543 à la LokSabha(chambre basse du parlement), le parti obtient la majorité absolue. Pour la première fois depuis 25 ans, Narendra Modi – ancien Ministre en chef de l’Etat du Gurajat – pourra former un gouvernement sans coalition. De telles conditions seront favorables à la mise en place des réformes annoncées dans son programme. Néanmoins, le succès qu’il a obtenu au Gujarat sera difficilement applicable à l’échelle nationale. En effet, le système fédéral complique l’adoption de réformes et son style de leadership risque de se heurter au fonctionnement national. De plus, certaines réformes nécessitent une modification de la Constitution.Par ailleurs, le bilan de N. Modi au Gurajat est entaché par les violences de 2002 lors desquelles des milliers de musulmans sont morts. Il devra dépasser les suspicions sur son rôle dans ces évènements et prendre des mesures pour prévenir les violences interethniques. En dépit des réformes attendues, l’environnement des affaires continuera de pâtir de lacunes persistantes : corruption élevée, approvisionnement énergétique déficient. Les entreprises souffrent de contraintes structurelles et réglementaires. Enfin, la présence du premier ministre pakistanais à l’investiture du premier ministre Modi marque le début d’une amélioration des relations entre les deux pays.

Source : Coface

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