Lettre Internationale Risque Pays : Grèce

Risque Pays : Grèce

Après 6 années de récession, l’économie devrait croître en 2014

Le rythme de contraction de l’activité a ralenti en 2013 du fait du raffermissement de la demande européenne et de meilleures performances à l’exportation. La demande intérieure est demeurée faible. La consommation privée reste contrainte par un chômage massif (28 %) – bien que ce dernier ait amorcé une baisse – et la réduction des salaires – de 2009 à 2013, le salaire moyen réel a baissé de 24 %. L’investissement est en baisse continue depuis 2007. La consommation publique se réduit également en raison de la baisse de dépenses programmée dans l’accord conclu avec le FMI et l’UE. Début 2014, le Grèce a enregistré la plus faible contraction du PIB depuis 2008 (-0,9% en glissement  annuel), grâce notamment à une moindre baisse de la consommation des ménages et à la reprise du tourisme. Ces tendances devraient se renforcer sur le reste de l’année; combinées à une amélioration graduelle de la confiance du secteur privé et donc à une contraction moins forte de l’investissement, elles devraient conduire à une reprise de la croissance en 2014. La contraction budgétaire se fait également moins sévère. En revanche, la déflation, entamée en 2013, se poursuit en 2014 sous l’effet des baisses de salaires. Les comptes extérieurs se sont rétablis en 2013 : le solde courant est désormais excédentaire, grâce à la baisse des importations, au décollage du tourisme et à la bonne tenue des exportations de produits pétroliers. Ces deux derniers postent représentent 2/3 des exportations de biens et services. Hors produits pétroliers et services, cependant, les exportations stagnent : le manque de compétitivité de l’économie grecque constitue toujours une contrainte majeure.

Les entreprises et surtout les Pme souffrent, le secteur bancaire reste fragile.

Les entreprises restent confrontées à une baisse de leurs carnets de commandes, une pression fiscale accrue, un assèchement du crédit et un allongement des délais de paiement de leur clientèle. De nombreux établissements ont dû fermer leurs portes et licencier.. Toutefois, le rythme de contraction des crédits aux entreprises s’est stabilisé et la valorisation boursière des grandes sociétés a poursuivi son rebond, entamé mi-2012. Les émissions obligataires des entreprises ont repris en 2013, et le taux de créances douteuses des entreprises s’est stabilisé autour de 35 % après plusieurs années de hausse. Par ailleurs, le gouvernement a entamé la libéralisation du marché des biens (levée des barrières à l’entrée dans les secteurs construction, la distribution et le tourisme) et la baisse des cotisations sociales. L’accès au crédit demeure toutefois la principale contrainte pesant sur l’activité des PME. S’agissant du secteur bancaire, le taux de créance douteuse (40 % fin 2013) est l’un des plus élevés au monde ; pour les absorber rapidement, une nouvelle recapitalisation des banques est jugée nécessaire par la banque centrale. À cette fin, plusieurs grands établissements ont réussi à lever des fonds début 2014, améliorant ainsi leurs ratios de solvabilité.

Premiers excédents primaires et retour partiel sur les marchés pour le souverain grec

Après la mise en place d’un premier plan de sauvetage international de 110 milliards d’euros en mai 2010, le pays a dû recourir à un second plan en mars 2012, intégrant un financement additionnel de 130 milliards d’euros et un programme d’échange à prix décoté de la dette souveraine grecque détenue par le secteur privé. En novembre 2012, la zone euro et le FMI ont consenti à la Grèce un nouvel allègement d’environ 40 milliards d’euros. En 2013, la Grèce a dégagé un excédent budgétaire primaire de 0,8 % du PIB, et le FMI a achevé en juin 2014 la 5ème revue du plan de sauvetage, débloquant ainsi une tranche d’aide de 3,4 milliards d’euro. En outre, le gouvernement a pu émettre (pour 3 milliards d’euros) à nouveau sur les marchés internationaux, pour la première fois depuis 4 ans. La prime de risque sur le souverain grec est retombée à un niveau antérieur au plan de sauvetage de 2010. Même si l’objectif d’un excédent budgétaire primaire de 1,5 % du PIB semble pouvoir être atteint en 2014, l’ajustement prévu par le plan en 2015 et 2016 est très ambitieux. A moyen terme, la soutenabilité de la dette publique grecque n’est pas assurée. Malgré l’adoption d’un nouveau code des impôts, la modernisation de l’administration fiscale, n’est toujours pas achevée.

Un climat politique et social difficile, une coalition fragile

La coalition au pouvoir réunissant le centre-droit (ND) et la gauche modérée (Pasok) est fragile, puisqu’elle ne dispose que d’une majorité de 2 sièges au parlement. Elle est par ailleurs divisée entre les exigences des bailleurs de fonds (réformes structurelles et de la fonction publique) et la nécessité de limiter les tensions sociales. Les résultats des élections européennes ont confirmé la montée en puissance de la gauche radicale (Syriza, 26,6 %) et de l’extrême droite (Aube dorée, 9,4%). Le risque d’élections anticipées en 2015 est significatif, ce qui entraînerait probablement une crise politique et de nouveaux retards dans les réformes économiques.

Source : Coface

 

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