Lettre Internationale Risque pays : Nouvelle-Zélande

Risque pays : Nouvelle-Zélande

Stabilisation de la croissance en 2014

En 2013, l’économie a connu une expansion modérée, la reconstruction post-sismique constituant la source majeure de la croissance. La consommation des ménages et l’investissement privé, poussés par une politique monétaire expansionniste et une inflation modérée, constitueront les deux principaux moteurs de la croissance en 2014. L’investissement, tout comme en 2013, sera robuste, notamment en raison de la reconstruction de la région du Canterbury extrêmement sinistrée par le tremblement de terre de février 2011. La reconstruction soutiendra l’activité du secteur du bâtiment et travaux publics et les branches connexes, comme les bureaux d’architecte, les matériaux de construction, le bois… Cela compense la moindre activité observée dans les travaux dépendant des collectivités locales. La concurrence très vive entre les fournisseurs devrait tirer les prix vers le bas et peser sur les marges. La consommation devrait toutefois moins participer à la croissance que l’investissement en raison de l’affaiblissement du revenu disponible et d’un endettement des ménages rapporté au revenu toujours élevé (142%) contraignant l’activité de crédit. Après la sécheresse de mars 2013 qui a contraint l’activité agricole, celle-ci devrait rebondir en 2014. En outre, du côté de l’offre, la demande mondiale de produits laitiers (20% des exports) continuera à croître compte tenu d’une démographie favorable ce qui participera à la croissance néo zélandaise. Les exportations resteront bien orientées grâce au maintien à un niveau élevé des prix laitiers et du bétail, et à la bonne orientation de la demande de l’Asie émergente (32% des débouchés) et australienne (23%). Les importations demeureront vives en raison des achats à l’étranger de biens destinés à demande domestique (reconstruction). La balance commerciale apportera donc encore cette année une contribution négative à l’activité.

Ajustement favorable de la monnaie

Les exportations de services et du tourisme en particulier ont souffert de la parité élevée du dollar néo-zélandais en 2013. Le taux de change de la devise néo-zélandaise, qui était sur une tendance haussière depuis 2009, affiche depuis mi-2011 une volatilité qui affecte aussi le secteur des matières agricoles lorsque la devise locale s’apprécie (conversion en NZ$ des revenus des exportations libellées en US$). Le changement annoncé de politique monétaire aux États-Unis a un effet positif sur la devise locale qui depuis juin 2013 s’ajuste à la baisse, renforçant la compétitivité nationale. En conséquence, l’activité touristique devrait être orientée à la hausse en 2014. Le tourisme constitue le second poste d’exportation du pays (15% des exports). Le déficit courant se réduira donc légèrement en 2014. Les investissements directs étrangers représentent environ 2% du PIB, ce qui est insuffisant pour couvrir le déficit. La dette extérieure continuera de croître (75% du PIB). Afin de réduire le besoin de financement lié au poids de la dette, la Nouvelle Zélande cherche à augmenter le niveau d’épargne national (14% du PIB contre 19% en moyenne pour les économies avancées). L’assainissement des finances publiques est en cours afin de restaurer l’excédent d’avant crise (2008 : +1,5% du PIB). Cet ajustement doit passer par une réduction des dépenses publiques de 6% du PIB d’ici 4 ans. Le niveau de dette publique est toutefois inférieur à 40% du PIB, très en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (103%) et n’inspire pas à l’inquiétude. Par ailleurs, le système bancaire, dominé par des banques australiennes, affiche de bons ratios de capitalisation (13% des actifs pondérés). Les créances douteuses ne représentent que 2% des prêts. Toutefois, plusieurs points incitent à la prudence. Tout d’abord, le niveau des prêts est considérable relativement aux dépôts (145%). Ensuite, la part des prêts immobiliers est en forte augmentation. Pour répondre à ce nouveau risque, la banque centrale a procédé au relèvement minimum des fonds propres que les banques doivent détenir pour les emprunts hypothécaires. Enfin, les banques sont très concentrées puisque quatre grandes banques se partagent la quasi-totalité du marché.

Forte stabilité politique

Des élections générales ont lieu en novembre 2014. Elles engendreront peu de changements. Le système électoral est celui de la représentation proportionnelle mixte qui permet aux électeurs de voter pour un candidat et un parti indépendamment. Premier ministre depuis 2008, John Key (libéral conservateur), est toujours populaire. Son parti (Parti National) devrait de nouveau remporter les élections. La Nouvelle Zélande possède les indicateurs de gouvernance parmi les mieux évalués par la banque mondiale. Elle est par exemple en seconde place en matière de respect des lois ou de lutte contre la corruption. Il existe cependant d’avantage d’inégalités sociales en Nouvelle Zélande que dans le reste de l’OCDE en moyenne. L’amélioration de la situation de minorités comme les Maoris en matière d’éducation, d’accès au soin ou de protection sociale est essentielle afin de réduire ces inégalités.

Source : Coface

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