Lettre Internationale Risque Pays : Sri Lanka

Risque Pays : Sri Lanka

Rebond de la croissance en 2014

En 2014, la croissance devrait rester dynamique. Les exportations profiteront en effet de l’accélération de la croissance des économies avancées, les États-Unis et l’UE comptant pour la moitié des exportations. Du côté de la demande interne, la consommation privée (70% du PIB) continuera de profiter d’une croissance dynamique des revenus ainsi que de transferts des travailleurs expatriés soutenus. L’investissement privé bénéficiera quant à lui de conditions de crédits plus favorables liées aux baisses de taux directeurs décidées par la banque centrale en 2013. En outre, l’immobilier et le tourisme devraient profiter d’investissements dans le secteur du jeu. Les projets de construction de casinos annoncés en 2013 représentent en effet environ 2% du PIB. Les arrivées de touristes, notamment en provenance d’Inde et du Moyen-Orient, devraient ainsi augmenter sensiblement. Outre le tourisme, l’expansion des services sera aussi tirée par le dynamisme des télécommunications et des services financiers. Faute d’avantages comparatifs suffisants à l’exportation (sauf pour le textile de qualité), la production industrielle est orientée vers la consommation intérieure, stimulée par la hausse des salaires et par les politiques de développement rural du gouvernement. Enfin, l’investissement public restera orienté vers la reconstruction des zones marquées par la guerre (principalement le nord et l’est) et la construction de nouvelles infrastructures (transport, télécommunications). L’inflation devrait rester élevée en 2014, dans un contexte d’accélération de la croissance du crédit résultant du relâchement de la politique monétaire en 2013. Les prix des produits importés devraient continuer d’augmenter en raison de la dépréciation de la roupie.

 Le déficit budgétaire se réduit

La réduction du déficit budgétaire devrait se poursuivre en 2014. Malgré des dépenses publiques contenues, les recettes restent relativement faibles. La collecte de l’impôt est imparfaite et l’évasion fiscale importante. Les recettes fiscales devraient cependant augmenter en 2014, en raison d’une meilleure collecte de l’impôt (notammentla TVA). Mais malgré ces efforts, la vulnérabilité budgétaire du pays demeure importante eu égard au niveau élevé de dette publique. En outre, la situation financière des entreprises publiques s’est sensiblement dégradée. D’après un rapport parlementaire d’août 2013, les pertes de 4 d’entre elles pour la seule année 2011 représentaient 2% du PIB. Cette vulnérabilité accrue fait par ailleurs peser un risque sur leurs principaux créanciers, c’est-à-dire les banques publiques locales. Le déficit courant devrait continuer de se réduire en 2014, la balance commerciale profitant du rebond des économies avancées. Les mesures visant à restreindre les importations (notamment celles d’or) mises en œuvre en 2013 devraient aussi avoir un effet en 2014. Cependant, l’instabilité persistante régnant dans les pays importateurs de thé (2ème produit exporté), commela Syrie, l’Iran oula Libye, continuera de peser sur les exportations. Ce déficit de la balance commerciale sera en partie compensé par des recettes touristiques en hausse et par des transferts privés soutenus. Mais la faiblesse des IDE ne permettra pas de financer totalement le déficit courant : les entrées d’IDE n’ont atteint qu’environ 500 millions de dollars au premier semestre 2013, soit moitié moins que la cible du gouvernement. Dans ce contexte, la roupie devrait continuer de se déprécier modérément en 2014, comme en 2013. Les marges de manœuvres de la banque centrale pour contenir les pressions à la baisse de la devise sont limitées : les réserves de change ont reculé de plus de 30% entre le pic atteint mi-2011 et mi-2013 et ne représentent guère plus que 3 mois d’importations.

Un contexte politique stable mais les tensions religieuses ressurgissent

Le Parti sri-lankais de la liberté et son Président, M. Rajapaksa, continueront de concentrer tous les pouvoirs au moins jusqu’à la prochaine élection présidentielle en 2015. Il reste populaire depuis qu’il a mis fin au conflit ouvert avec les Tigres tamouls en 2009. Néanmoins, cette centralisation politique est critiquée, davantage à l’extérieur du pays qu’à l’intérieur, en raison d’une mainmise sur le pouvoir judiciaire et pour ne pas avoir suffisamment fait la lumière sur les violations des droits de l’homme durant la guerre civile. Enfin, les tensions entre majorité bouddhiste et minorité musulmane (9% de la population) ont augmenté en 2013. L’amélioration de l’environnement des affaires est une des priorités du gouvernement. Mais des accusations de favoritisme et de corruption sont parfois adressées à l’égard des dirigeants.

Source : Coface

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