253 - Janvier-Fevrier 2020 La Roumanie est elle encore un dragon de l’est ?

La Roumanie est elle encore un dragon de l’est ?

La Roumanie se porte bien ! C’est un des dragons des pays de l’Est, avec un taux de chômage de 4% et un taux de croissance  de 3,8%, on est, pour Marc Pascal Huot, le Président de East Stratégie à Bucarest, sur des bases solides, comme pour la Pologne. Ces deux pays étant pour lui les deux moteurs des pays de l’Est.

« Le marché industriel se porte très bien.» Explique Marc Pascal Huot, « on a commencé doucement l’année 2019 et on a connu une vraie accélération par la suite. Mais il est clair que beaucoup de choses dépendent de la situation européenne. La dépendance à l’Italie, à l’Allemagne et à la France est grande car le marché intérieur reste faible. »

Marc Pascal Huot Roumanie

Marc Pascal Huot, CEO de Eastratégie en Roumanie

« Je pense de mon coté qu’il nous manque un producteur automobile en Roumanie pour passer un cap : il faudrait un nouveau constructeur automobile pour avoir un secteur industriel plus solide. Mais ce n’est pas impossible car la Roumanie est très compétitive sur ce sujet. »

« La Roumanie connaît une inflation salariale modérée de 10 à 15% par an qui est principalement causée par les mesures populistes du gouvernement. Mais dans certains secteurs on commence a être en pénurie de main d’oeuvre et on a un quota d’importation de travailleur étrangers qui est passé à 30 000 personnes par an, notamment dans les métiers techniques du soudage et de la mécanique où l’on commence à  faire venir des asiatiques. »

Le salaire moyen des ouvriers en Roumanie reste faible : 350 euros net pour un ouvrier standard, 750 euros au mieux pour un soudeur expérimenté haut de gamme. C’est sans doute pour cela que le pays est considéré comme attractif par de nombreux grands groupes de production.

« On installe toujours beaucoup d’entreprises notamment des gens qui reviennent de Chine pour monter une unité dans l’Union Européenne. »

« Notre principal problème », reprend Marc Pascal Huot, « est que l’industrie s’est concentrée au même endroit donc tout le monde se bat pour trouver des ouvriers non qualifiés. Par exemple sur Timișoara, ça devient difficile et le taux de chômage faible ne favorise pas la chose.

« Il faut donc pour que le pays progresse plus vite faire une montée en puissance de la Valeur Ajoutée produite en Roumanie. On a des vraies opportunités dans l’Industrie manufacturière et dans l’agroalimentaire. Sur ce dernier secteur il manque beaucoup de transformation : toute la base d’élevage et de production agricole est là mais il n’y a pas beaucoup de transformation… »

« Seule cette évolution pourrait permettre d’avoir de meilleurs salaires et d’être plus attractif pour les 7 millions de Roumains qui vivent à l’étranger et qui peuvent apporter des compétences. »

« En Roumanie on est toujours dans le rêve de la réussite en Europe , changer de vie, changer de mentalité. Il y a plus de Roumains en Grande Bretagne que de Polonais.»

Du point de vue politique, selon Marc Pascal, il ne devrait pas y avoir de grands changements avec les élections parlementaires de 2020 « sauf accident, car il ne faut pas sous-estimer les nostalgiques de la période communiste dans la population. »

Bucarest

 

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