Actus Une norme ISO pour développer des achats responsables

Une norme ISO pour développer des achats responsables

Olivier-CoustauryLa France pilote, avec le Brésil, l’élaboration d’une norme volontaire, internationale, vouée à aider les organisations à contribuer au développement durable en achetant de manière responsable.

Les explications d’Olivier Coustaury de Total marketing services, impliqué dans ce projet qui aboutira mi-2017.

Le 29 janvier 2016 s’est clôturée une consultation publique organisée par AFNOR. Les professionnels français ont ainsi découvert et commenté le projet de norme ISO 20400 sur les achats responsables. Ce texte d’application volontaire, attendu pour l’été 2017, aidera toutes les organisations, partout dans le monde et quelle que soit leur taille, à agir concrètement en faveur du développement durable.

Cette approche est d’autant plus pertinente dans un contexte d’échanges mondialisés et face à une réalité économique : les achats et la chaîne d’approvisionnement représentent, en moyenne,  la moitié du chiffre d’affaires d’une organisation.

Un projet collectif

Produite par des professionnels issus de 35 pays, sous le pilotage de la France et du Brésil, la future norme a été créée à la demande et avec le concours actif des acteurs socio-économiques. Olivier Coustaury, responsable achats durables et communication RSE de Total Marketing services, en fait partie. Impliqué dans la commission de normalisation AFNOR, il a notamment animé à l’été 2015 une session de travail à Londres portant sur le chapitre le plus opérationnel de la future norme : le processus achat.

« Pour Total, participer à l’élaboration des normes volontaires est très important. C’est un moyen concret de participer à la définition de règles du jeu partagées par tous, sans forcément être contraint par une réglementation », insiste Olivier Coustaury, avant de poursuivre.

« Pour un groupe international, c’est une option constructive pour impulser la conduite du changement auprès de ses parties prenantes ».

Agir aux cinq étapes du processus achat

L’implication de la direction est essentielle pour qu’un tel projet s’essaime dans l’entreprise. Un chapitre dédié au plus haut niveau du management sera ainsi proposé. Il en sera de même pour les directions achats et, bien entendu, tous les acheteurs sur un plan opérationnel. « Sauf revirement de situation dans les prochaines étapes de co-construction, ce chapitre proposera cinq étapes, très concrètes » présente Olivier Coustaury. « La planification, pour établir une stratégie d’achat, la définition des critères d’achats, le choix des fournisseurs, la revue de contrat, puis l’évaluation de la performance en matière d’achat ».

Rien de révolutionnaire donc, sur la méthode, et c’est bien l’enjeu. « Cette norme sera calquée sur les pratiques des acheteurs, qui connaissent souvent leur marchés, les produits à acheter. Elle aidera à ce que les pratiques d’achat responsable soient intégrées point par point et ne suscitent plus d’interrogations ou de craintes de devoir faire “quelque chose en plus” », rassure l’expert.

Faire évoluer les pratiques sur toute la chaine d’approvisionnement

Pour les entreprises qui exportent ou développent leurs activités dans plusieurs pays, initier une démarche d’achats responsables revient bien souvent à limiter les risques générés par l’allongement des chaines de sous-traitance. Quels sont les risques d’image à contractualiser avec tel ou tel fournisseur, quels sont les risques économiques à privilégier un fournisseur d’un certain pays, quels sont les coûts globaux au-delà des coûts affichés en catalogue ? Dans les directions générales ou les directions des achats, ces questions se posent avec acuité, eu égard aux récentes catastrophes humaines, écologiques ou commerciales (viande de cheval en Europe, incendies d’usines au Bangladesh, etc.).

« Pour Total, cet engagement en normalisation est une continuité », ajoute Olivier Coustaury. « L’accord signé avec IndustriALL début 2015 sur les droits de nos salariés partout dans le monde, notre travail sur le coût global, le Label Relations fournisseur responsables… Nous devons aller plus loin et cette norme nous y aidera, en agissant de manière plus homogène » assure-t-il.

Le pari de la norme volontaire

Intégration dans les conditions générales d’achats d’un donneur d’ordre, mise à disposition des acheteurs d’une entreprise, utilisable en partie ou dans son intégralité, cette norme volontaire sera un socle commun, qui facilitera le dialogue avec les fournisseurs. Une belle carte à jouer pour prévenir les risques économiques et médiatiques, dans un secteur où les réglementations nationales ne peuvent plus constituer les seuls leviers d’actions pour réguler les pratiques.

GIB

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