Marchés : Turquie
Ismail Hakki Musa
La Turquie aux portes de l'Europe
“Pour nous, la France a toujours été une fenêtre ouverte sur l’Europe”
Ismail Hakki Musa, Consul général de Turquie pour une vaste circonscription comprenant 16 départements français a pris ses fonctions en Rhône-Alpes il y a deux ans. Il est un fervent partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.
“L’amitié franco-turque est six fois centenaire. Des générations de Turcs ont été francophones et le sont encore. Chaque année un million de Français visitent la Turquie. Ils disent d’ailleurs se sentir comme chez eux. Nos jeunes sont nombreux à venir faire des études en France : c’est aussi un bon ciment pour nos relations.
Nous avons des acquis historiques, politiques, juridiques. Je suis personnellement enchanté non seulement du protocole de jumelage que nous avons signé entre les Barreaux d’Istanbul et de Lyon mais aussi de la prochaine mission d’hommes d’affaires rhônalpins en Turquie, prévue au dernier trimestre 2009 ».
Le consul Général Musa est un fervent partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. « Quand je prends l’exemple de Rhône-Alpes, il y a déjà 1 Md et demi d’euros d’échanges économiques et commerciaux avec la Turquie. Je souhaite que ces relations s’enrichissent ».
« Avec l’Europe, nous avons une cause commune qui est un avenir plus prospère »
Pourquoi l’accueil de la Turquie dans l’Espace européen se fait-il tant attendre ?
« Nous avons été patients et le serons encore. Cela vaut la peine à la fois pour la Turquie et pour l’Europe. Nous recherchons la réciprocité ». Ismail Musa rappelle que dès 99, le statut de candidat de la Turquie à été entériné et les négociations se sont engagées sur 10 chapitres. « Il n’est pas question de remettre en cause la nature de nos relations. Nous avons une cause commune qui est un avenir plus prospère. Mais attention » prévient-il « on ne change pas les règles du jeu une fois que le match est commencé ».
« Faisons plutôt preuve d’imagination pour donner suite à nos engagements. Nous avons fait beaucoup d’effortspour adapter notre économie, notre système juridique, car avec les pays européens, nous avons une grande qualité de relation, Nous sommes le seul pays à avoir entamé depuis si longtemps une union douanière. Cela implique des frais et des charges et nous l’avons considéré comme une étape en vue de l’intégration à l’Europe ».
Ismail Musa remarque que, encore aujourd’hui, la population turque dans sa grande majorité, soutient ce projet et que les gouvernements ont fait tout ce qu’ils pouvaient faire.
« Mais » dit-il à l’attention de ceux qui évoquent des propositions alternatives, « sachez que pour la Turquie, il n’y aura qu’une seule alternative, soit intégrer l’Europe comme l’ont fait les autres Etats-membres, soit pas du tout ».
Istanbul plébiscitée par les investisseurs
Istanbul devient un pivot majeur de l’espace euro-méditerranéen. Selon l’étude Ernst & Young, la capitale turque est la 3e destination privilégiée des investisseurs.
Ceux-ci considèrent la Turquie comme le 2e pays le plus attractif de l’Europe
du Sud Est derrière la Roumanie et devant la Bulgarie. Toutefois, encore peu d’entre eux passent à l’acte. En 2007, la Turquie
a connu 40 IDE.
Source : Ernst & Young Southeast Europe - Attractiveness Survey 2008
