En direct des pôles et des clusters
Enquête
Les pôles français aspirent à créer davantage de partenariats avec des clusters étrangers
Une enquête menée auprès de quelque 300 acteurs des pôles de compétitivité et du monde de l’innovation a fait émerger des besoins en termes d’accompagnement des porteurs de projet mais également une volonté de multiplier les partenariats avec les clusters étrangers.
Créée il y a 20 ans par la CCI de Paris et l’Ile-de France, « Paris Ile-de France capitale économique » a pour vocation de valoriser le territoire et contribuer à l’attraction d’investissements internationaux. Aujourd’hui, 4 ans après la mise en place effective des pôles en France, la création de 71 d’entre eux et près de 3 Mds € alloués par l’Etat à cette politique, « Paris Ile-de France capitale économique » a mené une vaste étude autour de la création effective de valeur des pôles français.
Objectif : faire un diagnostic de l’existant et apporter des pistes de réflexion pour favoriser la création de richesse, avec notamment un point sur les expériences internationales desquelles s’inspirer. L’étude a en effet été traduite et soumise à une trentaine d’acteurs de clusters étrangers aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Suède et en Allemagne.
Absence de business plan approfondi
Parmi les constats de l’enquête, il apparaît qu’en France, les porteurs de projets collaboratifs occupent généralement « des fonctions en recherche & développement » (dans les Pme, il s’agit en général du dirigeant) et ne possèdent donc pas de compétences en marketing, commercial ou financier. Aux Etats-Unis, les porteurs de projet, dirigeants ou ingénieurs, sont soutenus par des « serial entrepreneurs » avec une véritable expérience du développement d’entreprise. En France, près de la moitié des projets ne font pas l’objet d’un business plan approfondi contrairement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. De même, il ressort une longueur et une complexité des procédures de demande de financement qui apparaissent comme peu coordonnées entre les différents organismes que sont le FUI, Oseo, Feder, ou encore les collectivités locales.
Des pôles peu connus dans le monde universitaire
Si en France, les financements privés externes aux pôles sont marginaux, aux Etats-Unis, l’octroi de subventions est en général conditionné par l’existence de financements privés préalables. Enfin, concernant l’animation du pôle de compétitivité, il ressort que la qualité de cette dernière est « un facteur clé de création de valeur ». Globalement, les membres des pôles demandent plus de coaching, de pilotage de la performance et de partenariats avec les clusters étrangers. L’étude évoque également le fait qu’en France, « les pôles sont peu connus dans le monde universitaire » alors qu’à l’étranger, « les universités sont au cœur de la vie des clusters et les interactions sont nombreuses ».
Au terme de l’étude, une série de recommandations a été élaborée sur la formation des porteurs de projet, la simplification des procédures, le développement de l’approche « business » des projets et de la présence de financeurs privés (français et étrangers), la diversification des sources de financement public, le recours à des conseils extérieurs pour des besoins spécifiques (marketing, gestion de projet etc.) ou encore le rapprochement avec les grandes écoles et universités.
Un chiffre, enfin, à retenir : selon 90 % des porteurs de projet des pôles, ces derniers ont « un rôle positif à jouer dans la sortie de crise ».
